Le leadership en santé ne consiste pas seulement à agir vite,
mais à décider juste, sur la base de données utiles.

Quand la donnée devient un levier de soins : retour d’une mission en contexte à ressources limitées

Travailler dans un projet hospitalier en contexte humanitaire, c’est évoluer en permanence à la frontière entre l’urgence clinique, la contrainte des ressources et la nécessité de décisions rapides. Cette mission a été marquée par une forte activité médico-chirurgicale, notamment autour de la santé maternelle, avec la prise en charge quotidienne de situations vitales complexes.

Au-delà de l’acte médical, un constat s’est imposé : l’absence de structuration des données cliniques et opérationnelles limite la capacité d’amélioration des soins. Registres incomplets, indicateurs peu exploités, consommation des intrants difficile à relier à l’activité réelle… autant de freins à une lecture claire des performances et des besoins.

Progressivement, un travail de structuration a été engagé : analyse des profils de patientes, suivi des trajectoires de soins, mise en lien entre activité clinique, pratiques anesthésiques, transfusions et consommation médicamenteuse. Cette approche a permis d’objectiver certaines vulnérabilités du système, mais également de mettre en lumière des leviers d’optimisation réalistes, immédiatement actionnables par les équipes.

Cette expérience rappelle que la qualité des soins ne repose pas uniquement sur la compétence clinique, mais également sur la capacité à documenter, analyser et partager l’information de manière utile. Dans des contextes où chaque ressource compte, la donnée devient un outil de sécurité, d’efficience et de plaidoyer.

Enfin, cette mission a renforcé une conviction forte : l’articulation entre pratique clinique, santé publique et analyse des données n’est pas un luxe, mais une nécessité pour améliorer durablement les soins dans les environnements les plus contraints.

👉 Transformer l’expérience de terrain en apprentissage collectif reste l’un des enjeux majeurs des projets de santé en contexte humanitaire.

Over the past two decades, the use of shisha (or hookah, waterpipe) has gradually established itself as an alternative form of tobacco consumption among young people worldwide. Long considered an occasional or culturally situated practice, shisha is now recognized as a mode of consumption exposing users to high levels of nicotine, carbon monoxide and other toxic substances, comparable to or even superior to those of conventional cigarettes. In low- and middle-income countries, particularly in sub-Saharan Africa, this practice is taking place in a context of epidemiological transition, rapid urbanization and globalization of juvenile lifestyles.

Initially, African research on youth smoking focused mainly on cigarettes, leaving shisha largely underdocumented. It was not until the mid-2010s that the literature began to highlight the specific emergence of shisha as an attractive tobacco product for adolescents and young adults, particularly in urban areas.

La chicha chez les jeunes en Afrique subsaharienne : une pratique émergente aux conséquences sanitaires sous-estimées

Waterpipe use among young people in sub-Saharan Africa: an emerging practice with underestimated health risks

Au cours des deux dernières décennies, l’usage de la chicha (ou narguilé, waterpipe) s’est progressivement imposé comme une forme alternative de consommation du tabac chez les jeunes à l’échelle mondiale. Longtemps considérée comme une pratique occasionnelle ou culturellement située, la chicha est aujourd’hui reconnue comme un mode de consommation exposant les usagers à des niveaux élevés de nicotine, de monoxyde de carbone et d’autres substances toxiques, comparables voire supérieurs à ceux de la cigarette classique. Dans les pays à revenu faible et intermédiaire, notamment en Afrique subsaharienne, cette pratique s’inscrit dans un contexte de transition épidémiologique, d’urbanisation rapide et de mondialisation des modes de vie juvéniles.

Initialement, les recherches africaines sur le tabagisme chez les jeunes se sont essentiellement concentrées sur la cigarette, laissant la chicha largement sous-documentée. Ce n’est qu’à partir du milieu des années 2010 que la littérature commence à mettre en évidence l’émergence spécifique de la chicha comme produit de tabac attractif pour les adolescents et les jeunes adultes, particulièrement dans les milieux urbains.

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